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Courbe d’apprentissage

Le célèbre plombier moustachu à l’accent italien du nom de Mario fête ses 35 ans cette année ! Eh oui, les années passent pour lui aussi. Mais contrairement à nous, Mario a l’avantage de ne pas voir sa célèbre moustache se garnir de poils blancs. Qu’il soit rassuré cependant, car passer des heures en sa compagnie en jouant aux jeux portant son nom ne comporte aucun facteur de stress. Au contraire ! Avec Mario, impossible de se faire des cheveux blancs ! L’objectif étant plutôt à la rigolade et à la détente entre amis. Oui, c’est ça l’esprit Mario. C’est amusant, plaisant, haut en couleurs ! 

Mais que l’amateur ne se trompe pas ! Tous les jeux vidéos ne sont pas du même genre ! Hormis les jeux de sport, les jeux de course et les jeux de gestion de ressources, pour n’en nommer que quelques-uns, il existe encore bien des types de jeu ! S’ils sont là principalement pour divertir, certains jeux sont spécialement pensés pour donner du fil à retordre aux « gamers » (c’est ainsi qu’on appelle les habitués du jeu vidéo), et donc… la possibilité de se faire des cheveux blancs. 

On aurait tendance à imaginer que ces jeux ne remportent pas grand succès. Mais c’est justement le contraire ! Pour ces « gamers », rien de plus intéressant que ces jeux dans lesquels tout faux mouvement, tout écart ou acte approximatif est sanctionné d’un arrêt de la partie. Ainsi, le joueur n’a plus qu’à recommencer, et le plus souvent… depuis le début ! Découvrir ce type de jeu pour la première fois sans avoir été un peu prévenu de la philosophie qui l’entoure, se révèle très décourageant. Le joueur se lassera au bout de quelques minutes et son jeu se retrouvera condamné à ne plus jamais sortir de sa boîte.

Cependant, au fur et à mesure des essais, le joueur au profil patient et persévérant finit par s’apercevoir que toutes les parties perdues n’auront pas été vaines. Petit à petit, souvent à l’insu du joueur, une expérience se forme, des réflexes se développent, une stratégie commence à émerger. Et de manière continue, alors que le joueur continuera à perdre au fil des jours, un certain plaisir finit par poindre. Et quel plaisir ! Certains jeux offrent une satisfaction que l’on pourrait comparer à celle du guitariste débutant tentant de plaquer correctement un accord barré sur les cordes d’une guitare. Quelle joie quand, enfin, ça sonne ! Pour ces jeux, comme pour d’autres choses, on parle donc de « courbe d’apprentissage » (learning curve en anglais). 

Basés sur la volonté, la patience et la persévérance ces jeux vont totalement à l’encontre de la philosophie de notre société. Car dans la vie, ce que l’on veut c’est du tout cuit, du tout préparé, du facile. Pas question de courbe d’apprentissage ! Pourtant la vie ne nous fait pas souvent de cadeaux. Si elle peut être haute en couleurs comme les paysages aperçus dans Mario, elle sait aussi s’avérer aussi rude que les jeux mentionnés ici. Mais alors que faire ? Que choisir ? À quoi jouer ? Personnellement, je prends goût à ces jeux difficiles. Et dans la vie, je constate que c’est à force de chutes, à force d’efforts et de persévérance qu’on finit par y arriver. Cela me donne de l’espoir. Surtout quand j’entends Paul, infatigable héraut de l’Évangile,utiliser de manière abondante des mots comme « sans cesse », « toujours », « encore », etc. 

Paul aurait sûrement d’autres choses à faire que de jouer aux jeux vidéos aujourd’hui. Et pourtant, je l’imagine aisément sourire positivement à cette idée de courbe d’apprentissage. « […] nous vous le demandons et nous vous y exhortons dans le Seigneur Jésus : vous avez appris de nous comment vous devez marcher et plaire à Dieu, d’ailleurs vous le faites. Eh bien ! progressez encore. » ! Cf. 1 Thessaloniciens 4.1 

Kévin Commere