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Une araignée… ça trompe énormément !

« Un éléphant, ça trompe énormément ! » dit la célèbre chanson. Est-ce bien vrai ? Si ce n’est pas le cas, qui invente les chansons mensongères que nous apprenons dès tout petit ? 

Non seulement les éléphants ne sont pas les seuls à posséder une trompe ; ce serait exclure les tamanoirs, les tapirs, les musaraignes à trompe et bien d’autres, mais en plus, ils ne trompent rien du tout ! Qu’un éléphant se fonde dans le décor pour une partie de cache-cache serait bien trop lui demander ! Mais à ce petit jeu, certains animaux ou insectes sont de vrais gagnants ! Nommons ici le caméléon, roi du camouflage, et ces nombreux amis adeptes du déguisement naturel ; le grand Ibijau pouvant se “fondre” dans les arbres grâce à son plumage, le poisson-fantôme moucheté, le léopard des neiges, le poisson-pierre ou encore la grenouille feuille !

Les araignées sont également bien placées ! Mais ce qui m’étonne et m’intéresse, est le fait que certaines araignées ont la capacité de prendre la pose pour tenter de passer pour d’autres bêtes ! Cela vaut la peine d’être signalé ! Il ne s’agit donc plus de passer inaperçu dans tel ou tel décor mais bien d’imiter les caractéristiques propres à une autre créature. 

Qui procure donc tant de plaisir aux araignées copistes ? Ce sont les fourmis ! En effet, visitant une exposition dédiée au monde des fourmis, j’ai pu apprendre que certaines araignées imitent les fourmis ! En changeant la forme initiale de leurs pattes ou en les déplaçant pour former des antennes (!), les « araignées fourmis » réalisent des prouesses pour échapper aux prédateurs. Un jeu virtuel proposait donc un test aux visiteurs : fourmi ou araignée ?

Même si ces araignées sauteuses ont poussé le “camouflage” à l’étape supérieure, il n’en reste pas moins qu’au final c’est toujours la même histoire : on se cache et on imite pour tromper le prédateur. On veut échapper à l’adversaire !

Bibliquement, il en est un qui réalise le même exploit. L’idée n’est pas ici de parler du diable de manière positive (puisque c’est de lui dont je veux parler maintenant) mais de comprendre son fonctionnement, sa ruse. 

L’une des plus grandes difficultés de l’être humain aujourd’hui est la question de la souffrance. En fait, c’est le cas depuis que le monde est monde mais la question de la maladie et des souffrances individuelles a encore de beaux jours devant elle. Cette question difficile fait partie des plus redoutables. Les chrétiens font alors tout leur possible pour parler du Dieu qui guérit, mais qui demande aussi de persévérer malgré la maladie et de continuer de croire que Dieu est bon et souverain… malgré la maladie. 

Jésus n’étant plus physiquement présent pour réaliser toutes sortes de miracles d’une part et les hommes étant toujours autant à la recherche de miracles et de guérisons d’autre part, le diable a pu y voir une opportunité rêvée pour tromper davantage. En effet, pourquoi ne pas imiter Dieu dans son pouvoir de guérison tout en détournant, dans la même manœuvre, le but de celles-ci ? 

Dans l’Évangile, les guérisons servaient de signes pointant du doigt la puissance et la bonté de Dieu. Leur but était donc de produire la foi en lui. L’idée du diable est de faire tout l’inverse afin de détourner les regards de Dieu. Les guérisons et miracles produits par l’intermédiaire d’hommes et de femmes (ne connaissant pas toujours l’origine de leur pouvoir) sont donc utilisés à des fins tragiques. Quelles que soient leurs appellations, ces hommes et ces femmes opèrent des “guérisons” tout en étant au service de celui qui trompe et ruse depuis la fondation du monde…

Une fourmi est une fourmi. Une araignée est une araignée. Cependant il convient de pouvoir s’arrêter un instant, de réfléchir, et de faire la différence. Entre Dieu et le diable l’un est Sauveur, et l’autre est trompeur. L’un veut que tous soient sauvés, même si les hommes doivent parfois passer par des épreuves telles que la maladie, tandis que l’autre veut qu’ils se perdent à tout prix quand bien même cela passerait par des actes singeant la miséricorde de Dieu. 

Gare aux contrefaçons ! Ce qui est trop tentant finit vite par nous tromper ! Mais voilà qui serait bien plus dramatique que la ruse de l’araignée…

Kévin Commere